Dimanche 7 février 2010 à 22:31

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Trois semaines après et tout espoir envolé, il récupère son portable et me dit qu’il ne peut pas m’oublier. Heureusement, parce que moi non plus, ce que je lui ai répondu. Je me trouve un pen pal à l’autre bout du monde, involontairement et je termine ma semaine le samedi à 20h, épuisée. Les deux prochains weekends à sortir. Reste à savoir où, reste à savoir avec qui mais je compte bien profiter de ces rares fois où je ne travaille pas dix heures d’affilée. The Antlers en concert le 02 mars et mes chers Yeasayer le 20 au prix d’une dure réorganisation, je surveille le calendrier et guette les échéances, avant les sorties, les réponses, les retrouvailles.
Paradoxalement, alors que cette année est celle où j’ai le moins de temps pour moi, entre l’université et le travail, je la trouve plus riche que les précédentes. Certainement que je me pose moins de questions, que je n’en ai pas le temps ; ou simplement que je me les pose trop tard, lorsque les décisions sont prises et que les conséquences n’attendent plus que de frapper. Je n'ai pas trouvé mieux pour éviter les regrets.

Publié par capaline

Mercredi 27 janvier 2010 à 22:43

Le second semestre a commencé mardi, L2S4, comme lorsqu'il faut cocher les cases sur la copie des partiels. Retour à la civilisation et littérature britanniques, à commencer par Brontë, Gaskell, Shakespeare, restons dans les classiques.
J'ai l'impression que le même sentiment que l'année dernière m'envahit, lorsque la première partie de l'année s'était écoulée ; je me sens comme entraînée malgré moi dans un rythme lassant, un cycle répétitif. Les même visages, les mêmes paysages ; seules les couleurs changent. Je m'essouffle. J'ai besoin de nouveauté, pour tout, de pouvoir tendre les bras, toucher du doigt quelque chose de différent. J'ai conscience d'être quelqu'un d'exalté, de passionné, passionnée dans mes émotions mais passionnée à l'extrême ; je ne vis et ne ressens pas les choses à moitié, j'ai besoin d'une forme d'intensité sous peine de me lasser. Des piquées d'adrénaline, souvent, régulièrement, juste comme la semaine dernière. C'est toujours ce que j'attends, inconsciemment, au risque de m'y perdre.

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Publié par capaline

Samedi 23 janvier 2010 à 1:32

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Aujourd’hui je peux dire sincèrement que Fanfarlo était le meilleur concert de ma vie. Et j’ai du mal à imaginer comment il pourrait être dépassé, vu la manière dont il s’est terminé. Je ne sais pas trop par où démarrer, disons que tout a commencé par ma course pour aller acheter des cigarettes et par mon oubli de briquet.

La fin de My Girlfriend Is Better Than Yours et les excellents Lawrence Arabia, cinq types barbus, chemises à carreaux sur leur folk entraînant. Le mélange idéal.
Puis Fanfarlo. Le concert en lui-même était magique, le groupe a conquis la salle, littéralement, et à en juger par les commentaires que je pouvais entendre derrière moi les gens étaient époustouflés par leur talent mêlé à leur simplicité, comme s'ils n'en avaient pas conscience. La voix de Simon amplifiait mes émotions, sans parler de la trompette, du violon… J’y suis allée seule, rien ne pouvait gâcher mon plaisir.
Le concert terminé je me suis retrouvée dans la rue, à fumer, me trouvant un prétexte pour ne pas rentrer tout de suite mais le prétexte est plutôt venu vers moi, une cigarette à la bouche et des tatouages plein les bras.
Justin, le bassiste de Fanfarlo m'a demandé du feu pour la deuxième fois, mon briquet que je n’avais pas. On a commencé à parler, devant la Maroquinerie, parler de New York, de leur tournée, de la Californie qu’il préférait parce qu’au moins il y avait chaud, du groupe, du prochain album, de leur passage au Letterman Show auquel il ne croyait pas. Le batteur est venu nous voir avant de retourner boire sa bière. Justin a regardé sa montre et m'a demandé si je devais partir, il n'avait même pas besoin de poser la question. Il m'a alors emmenée dans les coulisses et pendant que je discutais avec les Lawrence Arabia au complet, il est allé chercher une bouteille de vin. C'était très étrange comme situation, un peu surréaliste mais même si j'étais, gobelet à la main, avec le bassiste de Fanfarlo, elle ne me semblait pas anormale. On parlait de Londres, de littérature, de son envie de vivre aux Etats-Unis que nous trouvions tous les deux plus créatifs. Il a dû partir, il devait ranger son matériel qui trainait encore dans la salle pour le concert du lendemain, à Lille.

Je suis remontée, j'ai croisé tout le groupe alors installé dehors et j'ai vraiment du me faire violence, dans la rue, pour ne pas faire demi-tour.

Publié par capaline

Mardi 19 janvier 2010 à 16:57

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Ce que j’apprécie le moins dans les anniversaires, ce sont les dernières minutes avant minuit. Je suis toujours un peu angoissée, dans mon lit, je vérifie sans arrêt l’heure et puis, alors que nous ne sommes le 19 Janvier que depuis quelques secondes, je surveille déjà mon portable. Je ne sais pas ce qui m’inquiète, sûrement le fait que personne ne pense à moi, que personne ne me le souhaite.
Je n’aime pas être le centre de l’attention mais pourtant, la veille au soir, je crains simplement d’être ignorée. Et à elles seules, ces quelques minutes me font appréhender la journée toute entière.
Mais quand je suis arrivée à l’université aujourd’hui, mes amis m’attendaient simplement là, pas très loin de l'amphithéâtre, et se sont mis à chanter. Je ne pouvais sincèrement que sourire et ne pensais alors à rien d’autre.

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Dimanche 17 janvier 2010 à 16:47

Quelques mots griffonnés sur un morceau de papier, replié et glissé dans sa poche, contre sa poitrine ; cinq heures du matin et des au revoir qui semblaient très lents, comme bien souvent dans ces instants, sa barbe qui me piquait et les cheveux collés dans le creux de la nuque. Le clou de la soirée, en quelque sorte, après la séparation et les larmes dans les yeux sur le trottoir, juste devant le bar. Une soirée en deux temps, deux extrêmes mais au final le sentiment est le même, ce qu'il en reste deux jours plus tard et la sensation dans la tête, dans les soupirs aussi. Hier je ne réalisais pas du tout, le retour de la gare sous la pluie et les goutes qui coulaient le long des joues, aujourd'hui je ne réalise qu'à moitié le vide et leur départ.
Après avoir vu pour la première fois la bande annonce de The Lovely Bones, j'ai eu des frissons. Je suis maintenant en train de lire le livre et mon cœur se serre déjà lorsque les chapitres se terminent ; alors je préfère ne pas penser à la fin, pas encore... J'écoute en boucle l'album de The Big Pink, pensant plutôt à la plume sur mon poignet, et aux partiels de cette semaine ; plus particulièrement à celui de civilisation américaine, mardi. Le 19 janvier, jour de mes 19 ans.

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Vendredi 8 janvier 2010 à 0:12

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La Fureur de Vivre
à défaut de réviser mes partiels, mon inconscient me trahit alors que j’évite ne serait-ce que de penser à lui. “He doesn’t mean it you know, he’s not very good at relationships. Even with me”, sans blague ? En attendant le message est plutôt clair, mais ce n’est pas pour autant qu’il me fait plaisir.

L’année prochaine me fait frémir d’impatience mais aussi d’angoisse. J’ai beau dresser mentalement toutes sortes de listes, je ne parviens pas à trancher entre le Canada et le Danemark. A cela s’ajoute le manque d’organisation de mon université puisque ma filière n’a aucun échange fixe ni référent aux relations internationales ; alors je prends des notes sur les sites de Concordia et d’Aarhus, j’attends d’aller présenter mon dossier, d’avoir l’accord quant aux équivalences, d’obtenir les partenariats que je souhaite et, enfin, d’y déposer ma candidature...
Les deux prochaines années à l’étranger, j’ose espérer que c’est ce qui m’attend puisque après ma licence j’ai la ferme intention de partir pour un an d’assistanat au Royaume Uni ou aux Etats-Unis. Finalement, je me rends compte que je mise énormément sur le hasard, ou sur la chance ; je préfère voir les choses sous cet angle. Et je sais que je m'idéalise sans doute beaucoup de choses, mais vraiment, lorsque je me réjouis de tout cela, je ne peux sérieusement pas me tromper.

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Mercredi 30 décembre 2009 à 12:36

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Je perds le fil à ne plus écrire, je perds mes réflexes ; tout continue de s’imprimer dans ma tête mais en réalité les mots et les images ne font que défiler. Je vis plongée vers l’avant, plongée dans l’attente de ce qui se concrétise jour après jour, de ce que je sais être prometteur. Un moyen de contrebalancer cet invraisemblable rappel au passé et cette incessante indifférence au présent (?). Les musiques baignent mes souvenirs, n’en attendent plus que des nouveaux à imprégner.
Mon cœur balance entre les universités de Montréal et Sherbrooke, Oslo, Aarhus et Glasgow tandis que mon esprit vacille entre le cout de la vie, l’enrichissement culturel et l’intérêt des cours. J’ai beau répéter à qui veut l’entendre – dans le vide, que c’est injuste ; ces contretemps, maintenant, mais au fond de moi j’y reste impassible et je continue de voir l’année prochaine comme un aboutissement. Comme ce que j’attends depuis si longtemps que j’ai peine à croire que c’est aujourd’hui que tout se joue : les dossiers, les inscriptions, tout cet argent à mettre de côté afin de pouvoir encore plus en profiter, puis l’interminable attente à croiser fort les doigts pendant des mois, jusqu’à une date que je ne connais même pas.

Cet été je serai en Allemagne et j’avoue que cela me semble étrange de partir dans cette direction, étrange et attirant, euphorisant par ce véritable inconnu. Une sorte d’avant-goût de ce qui m’attendra alors pour les mois suivants, dès septembre ou alors dès janvier. Loin à l’ouest ou alors loin au nord.

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Dimanche 29 novembre 2009 à 15:51

J'écris et imagine un futur qui me fait rêver, je trace et dessine les grandes lignes, l'horizon, comme pour avoir un mur sur lequel m'appuyer lorsque je marcherai à l'aveugle ; je sais que ça finira par arriver. Je ne sais pas combien de temps cet optimisme durera, mais en attendant, j'ai enfin une réponse à donner.

Le numéro un du classement subjectif de mes albums préférés de 2009 (devant Veckatimest de mes chers Grizzly Bear, resté tout de même indétrônable pendant près de six mois) est également ma plus belle découverte musicale de l'année, à savoir Up From Below d'Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Je ne m'en lasse pas, de leurs morceaux, de leurs sourires, de leur énergie incroyable et communicative.
Quant à Fanfarlo, à croire qu'il fallait simplement que j'écrive mon envie de les voir pour que ce souhait se réalise ; ils ont ajouté une date Parisienne  pour Janvier dans la journée d'hier et ma place est d'ores et déjà commandée.

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Vendredi 27 novembre 2009 à 1:27

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Reservoir
de Fanfarlo entre directement dans le top 3 de mes albums préférés de 2009. La voix du suédois Simon Balthazar me rappelle celle de Win Butler, les trompettes me rappellent celles de Zach Condon et pourtant les chansons, les mélodies restent à part entière. Je les attends en France, je prendrai mon billet sans hésiter, quitte à y aller seule. Comme pour Edward Sharpe, comme pour Beirut, comme pour Bon Iver, comme pour Yeasayer, et bien sûr, comme pour Arcade Fire. Ce sont de ces concerts semblables à celui de Sigur Rós, où l’attente est plus fébrile, l’impatience plus puissante, simplement parce que le groupe tient une place toute particulière, vraiment à part entière dans l'esprit et surtout dans le cœur.

Je viens à bout d’As I Lay Dying de Faulkner et ne peux m’empêcher de craindre tout en me réjouissant des lectures du second semestre. Shakespeare, Brontë, Gaskell… Retour à la littérature et à la civilisation britanniques, il était temps.
I still don’t know where the time goes to mais je trouve quand même le moyen de faire un nombre incalculable de choses. Partir à un concert à l’improviste en sortant du travail, aller à la patinoire alors que je suis supposée détester ça, porter une robe bustier pour le premier gala de l’Université, sourire à quelqu’un que je m’étais promis d’ignorer, avoir des idées concrètes et rassurantes de masters, faire des plans réalistes pour aller à l’étranger après la licence.
Et bien sûr, penser encore et toujours à août 2008, au Canada, à Vancouver, regretter les paysages à couper le souffle qui s'étendaient là, juste au bord de la route, juste en levant les yeux. L'éclat des couleurs, des lacs, des forêts, des montagnes, et du ciel tellement plus grand, tellement plus pur. Prendre une claque par le seul fait d'y être, tout remettre en question par la suite et avoir malgré tout le cœur qui se serre en y repensant, plus d'une année après. Les paysages qui défilaient au fil des kilomètres parcourus, des milliers, les plus grandioses, la gentillesse et le sourire des gens ; toutes ces richesses, naturelles. Tant pis si je me répète.

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Lundi 9 novembre 2009 à 13:26

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Le même bar à un an d’intervalle, m’arrêter quelques instants simplement pour attraper une cigarette, un des soirs où j’en avais envie, et relever la tête face à deux nouveaux visages. Je ne sais pas comment j’ai pu le reconnaître le lendemain, après avoir manqué le dernier métro et marché le long de la Seine pendant deux heures, parmi le bruit et la foule et le flou. Je crois qu’il m’a vue avec l’autre garçon, mais il me trouvait jolie, aimait mon sourire et j’en avais juste envie. Je ne les reverrai pas mais j’en suis indifférente, après tout ils n’ont rien en commun avec ceux que j’ai l’habitude de regretter, toujours trop tard mais jamais trop longtemps.
Je pense tous les jours à l’année prochaine et au fait que ce semestre est décisif, le dernier qui comptera dans mon dossier pour partir étudier à l’étranger. Je suis impatiente mais aussi perdue, je ne sais pas vers quel pays me tourner, sur quelle université me renseigner. Stockholm a toutes les qualités et fera partie de mes choix, puis l’Allemagne, ou les Pays-Bas, ou la Finlande, ou le Danemark ?
Les vingt ans de la chute du Mur et les échos quotidiens me font prendre conscience du point auquel Berlin me manque. Je rajoute la ville à la longue liste des destinations qu’il me faut (re)découvrir, je me demande encore simplement avec qui je le ferai, je n’ai encore rencontré personne chez qui cette soif de voyages est aussi intense mais d’un certain côté je crois que cela m’est bien égal, cela ne pourra être que plus enrichissant ; reste simplement à sauter le pas, finalement.

Publié par capaline

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