Aujourd’hui je peux dire sincèrement que
Fanfarlo était le meilleur concert de ma vie. Et j’ai du mal à imaginer comment il pourrait être dépassé, vu la manière dont il s’est terminé. Je ne sais pas trop par où démarrer, disons que tout a commencé par ma course pour aller acheter des cigarettes et par mon oubli de briquet.
La fin de
My Girlfriend Is Better Than Yours et les excellents
Lawrence Arabia, cinq types barbus, chemises à carreaux sur leur folk entraînant. Le mélange idéal.
Puis Fanfarlo. Le concert en lui-même était magique, le groupe a conquis la salle, littéralement, et à en juger par les commentaires que je pouvais entendre derrière moi les gens étaient époustouflés par leur talent mêlé à leur simplicité, comme s'ils n'en avaient pas conscience. La voix de Simon amplifiait mes émotions, sans parler de la trompette, du violon… J’y suis allée seule, rien ne pouvait gâcher mon plaisir.
Le concert terminé je me suis retrouvée dans la rue, à fumer, me trouvant un prétexte pour ne pas rentrer tout de suite mais le prétexte est plutôt venu vers moi, une cigarette à la bouche et des tatouages plein les bras.
Justin, le bassiste de Fanfarlo m'a demandé du feu pour la deuxième fois, mon briquet que je n’avais pas. On a commencé à parler, devant la Maroquinerie, parler de New York, de leur tournée, de la Californie qu’il préférait parce qu’au moins il y avait chaud, du groupe, du prochain album, de leur passage au Letterman Show auquel il ne croyait pas. Le batteur est venu nous voir avant de retourner boire sa bière. Justin a regardé sa montre et m'a demandé si je devais partir, il n'avait même pas besoin de poser la question. Il m'a alors emmenée dans les coulisses et pendant que je discutais avec les Lawrence Arabia au complet, il est allé chercher une bouteille de vin. C'était très étrange comme situation, un peu surréaliste mais même si j'étais, gobelet à la main, avec le bassiste de Fanfarlo, elle ne me semblait pas anormale. On parlait de Londres, de littérature, de son envie de vivre aux Etats-Unis que nous trouvions tous les deux plus créatifs. Il a dû partir, il devait ranger son matériel qui trainait encore dans la salle pour le concert du lendemain, à Lille.
Je suis remontée, j'ai croisé tout le groupe alors installé dehors et j'ai vraiment du me faire violence, dans la rue, pour ne pas faire demi-tour.